Surprises

Publié le par le blog de Sassia

Selim M'Sili.  

 

«Celui qui ne peut éprouver ni étonnement ni surprise, est pour ainsi dire mort: ses yeux sont éteints.» Albert Einstein

Il y a deux sortes de problèmes: ceux qu'on peut résoudre facilement et ceux qui présentent des difficultés quant à leur solution. Dans la première catégorie, on peut trouver ceux qui ont une solution à long terme, ceux qui reviennent d'une manière récurrente et ceux qui ne trouvent pas de solution malgré leur facilité apparente. Dans les deuxième et troisième catégories, plusieurs cas de figure peuvent se présenter: ou bien les gens chargés de trouver une solution ne sont pas directement concernés par le problème, cela ne les touche pas: ils renvoient la solution aux calendes grecques et expédient négligemment le volumineux dossier au fond d'un tiroir ou le camouflent sous des piles d'archives, l'égarent ou le perdent... enfin, ils affichent toujours un certain mépris envers ledit problème et encore plus de dégoût envers les gens qui viennent se plaindre. Vous avez tous vu la moue que peuvent dessiner les lèvres d'un responsable du logement, du transport quand on lui pose une question pour un de ces problèmes cruciaux. C'est normal: lui, il est bien logé, possède un 4x4 et il se fait soigner à l'oeil et à l'étranger.
Quand un problème facile à résoudre ne trouve pas de solution, il faut se rendre à l'évidence que beaucoup de gens ont intérêt à ce qu'il ne soit pas résolu: cela leur permet de garder leur place ou de bénéficier d'une rente liée à l'existence de ce problème. Si le trafic des produits pyrotechniques et si le mystère des conteneurs disparus dans les zones portuaires ou dans les aires sous douane persistent, c'est qu'il doit y avoir beaucoup de gens au bras long qui ont intérêt à ce que tout reste en l'état. Il est ainsi une kyrielle de problèmes qui ferait perdre son latin au plus vertueux des redresseurs de torts: détournements des crédits agricoles, des terres agricoles, fausses attestations, ristournes frauduleuses dans des marchés de gré à gré, trafic de devises, achats de produits avariés ou périmés... J'en passe et des plus juteuses!
Le propre des spécialistes de la communication dans n'importe quel secteur, est de transformer une faiblesse en une force, comme au judo. Pourquoi ne pas faire des tares, qui rendent ce pays ingérable, des atouts de séduction. Prenons tout d'abord, le secteur du tourisme qui n'arrive pas à décoller malgré l'optimisme béat des divers responsables qui se sont penchés sur le chevet de ce moribond depuis des décennies. Tout le monde connaît les facteurs qui bloquent ce secteur: faiblesse des infrastructures, mauvaise qualité des services, intolérance, intégrisme, prix non compétitifs. Comment faire pour attirer les malheureux touristes européens qui vont vers les plages ennuyeuses de l'Orient, là où les lendemains ressemblent à aujourd'hui comme à hier....
C'est simple! il suffisait d'y penser! Pourquoi le touriste prend des vacances, non seulement pour changer d'horizon mais aussi pour changer de rythme de vie. Qu'est-ce qui fait la banalité d'une vie d'un Européen moyen? C'est que sa vie est réglée comme sur du papier à musique: il se lève le matin, prend sa douche, son petit déjeuner dans un intérieur douillet, prend le métro ou le tramway pour se rendre à son travail ou bien sort sa confortable voiture de son pavillon de banlieue. Il reçoit ses allocations, sa paie, ses indemnités à temps fixe. Il est bien reçu dans les diverses administrations qui gèrent sa vie. A la fin, cela use son bonhomme.
Pourquoi ne pas lui offrir chez nous un train de vie plus entraînant, plein de mauvaises surprises qui vous assaillent au saut du lit: le robinet oublie de couler, le lait est absent chez l'épicier, l'hôpital douteux, les transports aléatoires, les oueds et les plages polluées, les randonnées risquées. Offrir l'aventure à moindre coût. Messieurs les voyagistes, pensez-y!

 

 

 

 

 

 

          

 

 

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