Syrte en colère contre les forces du CNT

Publié le par le blog de Sassia

 

De nombreux habitants de Syrte reprochent aux nouvelles autorités libyennes et à leurs alliés d’avoir détruit leur ville et tué des civils durant le siège entamé il y a un mois.
« Kadhafi est comme le cadre d’un tableau. Si le cadre est touché, tout le tableau est détruit. La Libye est détruite », lance ainsi Fatouri, un habitant. « Qu’on les laisse chercher Mouammar, mais pas tuer 50 000 personnes pour changer le régime. Ce n’est pas la peine que des milliers de personnes meurent à Syrte pour Mouammar. C’est ça qui nous attriste », poursuit-il.


Rappelons que la plupart des villes conquises par les forces du gouvernement intérimaire se sont réjouies ou ont fait semblant, mais la situation de Syrte est différente. Les membres de la tribu de Kadhafi sont très nombreux et le soutiennent encore.
Après avoir interrompu l’offensive pour laisser les civils quitter la ville, les forces du CNT, contrôlant la moitié de Syrte, préparent « l’assaut final » espérant venir à bout d’ici à deux jours de la résistance des partisans de Mouammar Kadhafi. Le CNT assure qu’il ne reste plus que des mercenaires, des combattants jusqu’au-boutistes et, pense-t-il, le commandant Mouatassem Kadhafi, un des fils du Guide déchu.
Dans le même temps, dans le village natal de Mouammar Kadhafi, Qasr Abou Hadi, pour certains des combattants (surtout ceux venus de Misrata) l’heure de la revanche a enfin sonné. À peine débarqués de leur 4x4 de guerre, des groupes d’hommes armés triomphants ont fouillé les maisons, se servant au passage, et incendiant certaines bâtisses. La pratique n’est pas exceptionnelle mais ici les combattants laissent plus qu’ailleurs exprimer leur hargne contre le « tyran » et ses « acolytes », c’est-à-dire les membres de sa tribu Kadhadfa, majoritaire.
Du côté de l’Alliance atlantique, les membres de l’OTAN réunis à Bruxelles ont évalué hier les conditions nécessaires pour conclure l’opération en Libye. Soulignons que le nombre de frappes menées par les avions de la mission « Protecteur unifié » a fortement diminué ces dernières semaines. Cette baisse est liée à la nature des combats, qui se concentrent dans des zones plus ou moins urbanisées.
Les ministres de la Défense des 28 pays membres de l’OTAN, dont la plupart ne participent pas à l’opération, devaient débattre jusqu’à aujourd’hui de la situation en Libye, mais sans qu’une décision ne soit attendue sur la fin de l’opération. Le secrétaire général Anders Fogh Rasmussen a réaffirmé que l’Alliance allait « poursuivre l’opération aussi longtemps que nécessaire, mais qu’elle était déterminée à y mettre fin dès que possible ».

 

Lorient-Le Jour

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