Qui commande les insurgés libyens?

Publié le par le blog de Sassia

 

29 avril 2011 - OPEX

Dans les colonnes du quotidien Le Monde du 19 avril, le philosophe Bernard Henri-Lévy, qui a part ailleurs fait office de porte-parle de l’état-major des armées en annonçant avec avance l’envoi « d’officiers de liaison » français et italien à Benghazi, a voulu démontrer la « maturité » des insurgés libyens formant « l’armée des chabab » pour pour « faire tomber Kadhafi ».

Ainsi, BHL a parlé de « souci tactique, voire stratégique » constaté parmi les rebelles, une « donnée nouvelle de cette guerre, et qui change tout ». Seulement, un article du New York Times, publié le même jour, démontre au contraire le manque d’organisation de cette « armée des chabab », au point que l’on ne sait pas trop qui commande et qui fait quoi. Et sans unité de vues et d’une chaîne de commandement unifié, il est difficile d’imaginer qu’il y ait un quelconque « souci stratégique ».

En effet, le commandement militaire du Conseil national de transition libyen relève normalement du général Abdul Fattah Younès, qui était encore le ministre de l’Intérieur du colonel Kadhafi avant de rallier les insurgés le 19 février. Sauf que, un autre général, Khalifa Hifter, revendique également cette fonction. Ce dernier a connu l’exil aux Etats-Unis pendant 25 ans, après l’aventure libyenne au Tchad.

Pour le général Hifter, son concurrent ne s’occupe que des fonctions logistiques et de soutien et, pour cette raison, il est son subordonné. C’est ce qu’il a affirmé dans un entretien la semaine dernière. Sauf que cette version a été contestée par un responsable du CNT, qui a assuré au New York Times que le général Younés est le supérieur hiérarchique de Hifter.

En attendant, c’est bel et bien le général Younis qui a demandé, le 28 avril à Bruxelles, la livraison « d’hélicopètres Apache », de missiles antichar et de « navires équipés de torpilles » tout en avertissant du risque que le colonel Kadhafi soit tenté d’utiliser des armes chimiques.

Cela étant, cette rivalité entre généraux montre l’existence de luttes intestines dans les rangs des rebelles libyens et ce n’est pas fait pour améliorer son efficacité, d’autant plus que d’autres sont tentés de jouer leur propre partition, à l’instar de Fawzi Bukatef, un ingénieur de l’industrie du pétrole, qui a levé sa propre armée après avoir mis la main sur 400 fusils d’assaut Kalachnikov pour l’équiper.

 


Autre info du site OPEX datant de mars 2010

L’Arabie Saoudite arrête ses islamistes, la Libye libère les

siens

 

Si l’Arabie Saoudite est le berceau du Wahhabisme, une doctrine qui prône la pratique d’un

islam rigoriste, il n’en demeure pas moins que le royaume est la cible des réseaux

terroristes liés à al-Qaïda.

Récemment encore, un membre de la famille royale saoudienne, le prince Mohammed ben

Nayef ben Abdel Aziz, a échappé de peu à un attentat perpétré par un activiste d’al-Qaïda

dans la péninsule arabique (AQAP).

Aussi, Riyad lutte avec insistance contre les militants de l’organisation d’Oussama ben

Laden, qui ont trouvé une base de repli au Yémen. C’est donc dans ce contexte que les

forces de sécurité saoudienne ont arrêté, le 24 mars, 113 membres présumés d’al-Qaïda,

appartenant à trois cellules distinctes, dont une forte de 101 individus.

Selon le ministère saoudien de l’Intérieur, les personnes interpellées auraient eu l’intention

de commettre des attentats contre les installations pétrolières du royaume. Le

démantèlement de la cellule la plus importante est le résultat d’une enquête commencée en

octobre 2009, date à laquelle deux membres d’al-Qaïda, venus du Yémen, avaient été tués

alors qu’ils tentaient de s’infiltrer en Arabie Saoudite déguisés en femmes.

D’après les informations données par le ministère de l’Intérieur, chaque cellule démantelée

« agissait indépendamment l’une de l’autre ».

Par ailleurs, et sous d’autres cieux, la Libye du colonel Kadhafi vient de libérer 214

militants islamistes, dont trois responsables du Groupe islamique des combattants libyens

(GICL), un mouvement qui avait fait allégeance à al-Qaïda.

« L’Etat libyen annonce la libération de 214 prisonniers de différents groupes islamistes

parmi lesquels 34 du GICL, dont les trois dirigeants » Abdelhakim Belhaj, « l’émir »,

Khalid Cherif, le chef militaire, et Sami Saadi, l’idéologue, a indiqué, le 23 mars, Seif al-

Islam, le fils du colonel Kadhafi, lequel a récemment décrété la « guerre sainte » contre la

Suisse en raison de l’interdiction votée par référendum de la construction de minarets.

Cette libération de militants islamistes a été présentée par Seif al-Islam comme étant «

l’apogée » du « programme de dialogue et de réconciliation » entamé en 2007 par la

Fondation Kadhafi.

« Depuis le début de ce programme, 705 islamistes ont été libérés mais 409 sont toujours

en prison » a-t-il encore indiqué, en précisant que 232 autres « seront libérés

prochainement ». « C’est un événement historique, le processus va continuer jusqu’à la

libération des derniers prisonniers » a-t-il encore ajouté.

Quant aux autres ressortissants libyens qui se sont enrôlés dans d’autres groupes

islamistes en Afrique du Nord, comme notamment al-Qaïda au Maghreb islamique

(AQMI), le fils du colonel Kadhafi les a appelés à déposer les armes et à revenir au pays. «

Ils peuvent nous contacter et rentrer chez eux avec la garantie » de ne pas être arrêtés, a-til

promis.

Toujours selon Seif al-Islam, la libération des militants du GICL a été rendue possible

après la « révision de leur notion du jihad (ndlr: la guerre sainte) » en 2009. Ce groupe

avait été créé au tout début des années 1990 par des islamistes libyens pour combattre en

Afghanistan.

De retour en Libye, ces derniers ont pris la voie de la lutte armée pour tenter de renverser

le régime du colonel Kadhafi et d’instaurer un Etat islamique. En 2007 encore, cette

volonté avait été réaffirmée, en même temps que l’allégeance du GICL à al-Qaïda. Mais

depuis, l’organisation terroriste a perdu son chef, Abou Laith al-Libi, Ce lieutenant de ben

Laden a en effet tué en février 2008 par un missile américain alors qu’il se trouvait dans

une zone tribale pakistanaise.


 

Tripoli, Libye - La Libye a libéré mercredi de la prison d'Abu Slilm, à Tripoli, 110 prisonniers du Groupe islamique des combattants libyens dont trois dirigeants du groupe qui représentaient les derniers membres de cette organisation de la mouvance islamiste en Libye. Cette libération a été effectuée sous l'égide de l'Association libyenne des droits de l'Homme qui s'est détachée de la tutelle de la Fondation Kadhafi pour le développement (FKD) pour être une organisation automne.

La libération des prisonniers est l'aboutissement du programme de dialogue et de réconciliation entamée en 2007 par la FKD avec la mouvance islamiste en Libye ayant permis jusqu'à présent l'élargissement, en plusieurs vagues, de quelque 946 prisonniers de la mouvance islamique.

Dans une déclaration à la presse à la prison d'Abu Slim, le directeur de l'Association libyenne des droits de l'Homme, Mohamed Tarnich, a indiqué que cette libération constitue le premier pas concrétisé par son organisation vers la libération de tous les prisonniers politiques dans le pays dans le cadre d'un plan d'action visant à réaliser la réconciliation nationale.

Il a ajouté que d'autres dossiers de prisonniers politiques seront réouverts en vue de leur libération, formulant l'espoir que les prisons de la Libye soient vidées de tous les détenus politiques.

M. Tarnich s'est, dans ce sens, félicité de la collaboration des autorités libyennes avec son organisation malgré certaines lenteurs et retards enregistrés dans certains dossiers, affirmant tout de même que ces dossiers sont tous en voie de règlement.

Il a exprimé sa confiance à l'égard des autorités du pays qui manifesteront davantage de coopération et adopteront une réaction plus rapide et positive aux doléances de l'association.

Pana 17/02/2011

Afrikjet.com

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article