Partis politiques : Quels changements ?

Publié le par Sassia

 

Objectif 2014

Par : Saïd Chekri - Liberté - 07/06/2012


Il s’agit, pour chacun des protagonistes qui tirent les ficelles, de se donner un “FLN 2014” conforme à sa propre feuille de route qui doit aboutir à la succession souhaitée.

FLN, RND et FFS, pour ne citer que ces trois partis, font face à des crises internes plus ou moins aiguës. Pour les deux premiers, labellisés partis du pouvoir, un “mouvement de redressement”, un concept d’ailleurs made in FLN, est presque chose naturelle, l’autonomie n’ayant jamais été, chez eux, une marque distinctive. Du reste, la contestation interne qui secoue chacune de ces deux formations n’en est pas à son premier épisode. Le FLN connaît ce genre de convulsions depuis 1996 et, à chaque fois, ce sont des injonctions d’en haut ou des tiraillements au sein des sphères de décision qui sonnent le déclenchement des hostilités et, aussi, le glas des dirigeants. Pour des considérations sans doute liées aux circonstances de sa création en 1997 et, donc, à la nature de ce qui lui tient lieu de “substance militante”, le RND a pu s’épargner des déchirements destructeurs et s’assurer une certaine stabilité. Si la tentative de destitution d’Ouyahia, opérée par un groupe de dissidents au lendemain des législatives de 2002, a tourné court, c’est parce qu’elle n’avait pas été conçue dans le cadre d’un “coup d’État scientifique” comme celui qui avait mis fin au règne de feu Mehri, 6 ans auparavant. Le coup était donc marginal. Trop autonome, dirait-on.

Du coup, on peut jurer que cette nouvelle contestation contre Ouyahia n’a d’avenir que si elle est pilotée de quelque part. Est-ce le cas ?

Mais au FLN, la tradition est respectée : ce bras de fer n’est pas sans rapport avec l’élection présidentielle de 2014. Que Belkhadem soit ou non candidat à cette échéance n’est certainement pas l’élément déterminant dans ce rififi. Il s’agit, pour chacun des protagonistes qui tirent les ficelles, de se donner un “FLN 2014” conforme à sa propre feuille de route qui doit aboutir à la succession souhaitée.

Qu’en est-il alors du FFS ? S’il est vrai qu’il n’a ni le même pédigrée ni le même parcours que les deux autres, il semble qu’il a consenti à tenir un rôle dans cette pièce qui se joue en perspective de 2014. C’est ainsi, du reste, que s’expliquerait sa participation aux dernières législatives, la contrepartie n’étant pas seulement un quota de députés. Ce n’est d’ailleurs pas chose étonnante que le parti d’Aït Ahmed consente à prendre part à un tel jeu : il avait bien été de la partie, en janvier 1995, à Rome, aux côtés de Mehri, de Djaballah, de Louisa Hanoune et d’Anouar Haddam.

S. C.

 

Source : http://www.liberte-algerie.com/editorial/objectif-2014-179696



 

Quand la force d’inertie paralyse les forces du changement

Abed Charef
Mardi 5 Juin 2012


La crise révèle les archaïsmes, tous les archaïsmes. Y compris dans les courants les plus démocratiques, et au sein des franges les plus aptes au changement. L’expérience du FFS avec les législatives du 10 mai a montré que la force d’inertie a tout paralysé.  La formule était osée. En plaidant pour la participation du FFS aux élections législatives du 10 mai, qu’il savait pourtant ni propres ni équitables, Hocine Aït-Ahmed a utilisé deux formules célèbres. Les candidats du FFS ne vont pas à la « mangeoire », avait-il dit, pour prévenir à l’avance toute critique sur ce thème. Et il fallait la caution et le poids de cette personnalité d’envergure pour convaincre de la sincérité des futurs élus FFS, dans un climat où la course au râtelier était devenue un sport national. 

 

Suite : http://abedcharef.wordpress.com/2012/06/05/quand-la-force-dinertie-paralyse-les-forces-du-changement/

 

Statu quo et mouvement... national

Par : Mustapha Hammouche - Liberté - 07/06/2012


“Le traitement des comportements nuisibles au parti durant ces élections sera le premier point débattu lors de la prochaine réunion du parti”, vient d’écrire Aït Ahmed aux instances “dirigeantes” du FFS.
Ceux qui attendaient une réaction à l’entreprise de détournement des quelques voix qui se sont exprimées à l’occasion des législatives du 10 mai en auront pour leurs frais : non, le zaïm s’en est pris à ceux qui ont émis quelque objection à cet engagement dont un grand mystère entoure la finalité. Le FFS a obtenu 21 sièges, son quota habituel, dans une Assemblée qui a crû de 73 sièges. Et en l’absence de son concurrent régional. Sinon un commentaire distant et apolitique du responsable “local” évoquant “une spoliation” de voix ou de sièges.
Puisqu’il faut faire boire à ses militants le calice jusqu’à la lie, Aït Ahmed proclame, en dépit du simple bon sens, qu’il les félicite “pour cette… victoire face à une adversité dont la puissance et la complexité donnent encore plus de mérite à ceux qui ont su lui résister”. Mieux, il ordonne que la prochaine réunion du parti prenne des “mesures exemplaires” à l’encontre de ceux qui ont fait preuve “de comportements indignes”, c’est-à-dire ceux qui ont osé passer de l’étonnement à l’interrogation sur les motifs de la participation à une mise en scène électorale programmée.
Peut-être que le leader voit la victoire, non dans les résultats qui lui ont été attribués, mais dans le fait qu’il ait mis “du mouvement dans le statu quo”, comme il l’envisageait au moment de décider de sa participation. Mais comment s’est-il arrangé pour trouver, dans sa relative contribution à une si faible mobilisation électorale, matière à déduire que son “appel à la réhabilitation du politique et de l’éthique politique trouve un écho au sein de la société ?”
Alors que le résultat “spectaculaire” des législatives a pétrifié les plus acquis à l’ordre ordonné, comme le RND, et, dans une certaine mesure, le MSP, ainsi que, dans une autre mesure, le PT, Aït Ahmed demande aux siens de donner l’exemple en matière de “réhabilitation de la politique et de l’éthique politique”, histoire de répondre par leur propre comportement “éthique et politique”… à l’éthique et à la politique réhabilitée donc par les élections du 10 mai dernier !
On ne saura peut-être jamais pourquoi Aït Ahmed est allé à ces élections, puisque ses propres militants seront sanctionnés pour avoir voulu le savoir. À moins que les évènements à venir n’apportent, à eux et à nous, la solution de cette énigme.
Par cette entreprise punitive, Aït Ahmed apporte l’ultime preuve d’une constante : il y a une culture du mouvement fondamentalement anti-démocratique que le Congrès de la Soummam n’a pas réussi à corriger. Sinon dans un texte — la plateforme du même nom — qui a valu à ses inspirateurs leur élimination systématique et méthodique. La culture du Mouvement national impose que les chefs ne peuvent pas souffrir du débat. La contradiction, ils l’éliminent, soit en liquidant physiquement leurs contradicteurs, soit en les éliminant politiquement.
Aït Ahmed est bien dans son rôle : il contribue au statu quo en y mettant sa part de mouvement.

M. H.

Source : http://www.liberte-algerie.com/contrechamp/statu-quo-et-mouvement--national-179595

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