Nabni crée un observatoire des politiques publiques

Publié le par le blog de Sassia

 

 

Nabni a mis en ligne,  à la veille du 5 juillet, ses dernières propositions de mesures numérotées de 91 à 99 destinées à renforcer « l’Etat, l’efficacité de l’exécutif et la fonction publique ainsi que l’exercice démocratique, les contre-pouvoirs et la redevabilité et l’indépendance des institutions ». La mesure numéro 100 est aussi une annonce : le lancement « prochain » de « l’Observatoire Nabni des politiques publiques ». L’initiative veut rester sur la scène en tant qu’organisme de « veille citoyenne ». Nabni suggère de regrouper cinq ministères en un grand ministère de l'économie et des finances.

 

Après 13 semaines d’activités, l’initiative « Nabni » ou « 100 mesures pour construire l’Algérie nouvelle » clôture, à la veille du 5 juillet, ses propositions. Sans dire au revoir. Il y a en fait 99 propositions de mesures. La centième qui est un appel à « renforcer l’implication de la société civile et l’expertise nationale dans le débat sur les politiques publiques » est aussi une annonce. Celle du lancement prochain de l’Observatoire Nabni des politiques publiques. En d’autres termes, ce qui n’était qu’une initiative va devenir une institution, un Think Tank, « un lieu où l'expertise algérienne participe à la réflexion collective sur les politiques publiques à mettre en œuvre ou sur les politiques déjà adoptées ». Nabni va dans une première étape utiliser la plateforme internet pour assurer un suivi de la réalisation – ou non – des mesures préconisées. L’initiative entend également mobiliser des experts et des analystes et fournir à l’opinion des notes sur les politiques publiques et des études comparatives de ces politiques avec ce qui se passe ailleurs dans le monde. Pour renforcer cette implication de l’expertise nationale dans le débat public, Nabni préconise un effort inhabituel de transparence et de fluidité de l’information. Nabni veut que le Secrétariat Général du Gouvernement publie sur son site internet, pour consultation, tous les projets de loi qu’il recevra. La publication d’une durée de 30 jours permettra d’élargir la consultation d’un public en sus des « consultations usuelles que fait le SGG avec les membres du gouvernement concernés et les organes consultatifs habilités.  Il s’agira également de rendre publics les rapports de réformes et de plans sectoriels afin de lancer les débats au sein de la société sur les questions fondamentales qui engagent son avenir ».

 

Moins de frilosité politique

En 13 semaines de propositions – et de réactions – les membres du groupe Nabni sont devenus moins frileux à l’égard de la politique. Il est clair que les propositions présentées ne sont pas sans incidences politiques. Mais leur efficacité dépend clairement de préalables politiques lourds. C’est la conclusion tirée des réactions des internautes et des citoyens qui amène à conclure que « la réforme de l’Etat et de la gouvernance est un pré-requis ». Nabni propose de « définir et appliquer un statut du wali et chef de daïra », de « limiter la durée des mandats des hauts fonctionnaires, d’appliquer la limite d’âge définie par les textes et rétablir le pouvoir de nomination des ministres, walis et chefs de daïras sur leurs équipes ». L’initiative préconise de mettre fin à la dispersion des ministères économiques (cinq actuellement) et de les rassembler dans un grand Ministère de l’Economie et des Finances regroupant le Ministère des Finances et les Ministères de l’Emploi et des Affaires Sociales, de l’Industrie, des PME et de la Promotion des Investissements, du Commerce et de la Prospective et des Statistiques. Nabni considère que les politiques de l’emploi, de l’industrie et des PME, et du commerce sont liées et ne doivent pas être séparées.

 

Un grand ministère de l’économie

« Le regroupement proposé aura pour effet de permettre une coordination non seulement dans l’élaboration de la politique économique mais également dans sa mise en œuvre et son suivi. Il permettra également une prise de décisions rapide (notamment en assurant les arbitrages au niveau du Ministre de l’Economie et des Finances sans avoir à saisir le Conseil de gouvernement ou la Présidence de la République sur les dossiers économiques), la réduction du nombre d’interlocuteurs gouvernementaux et le renforcement de leurs prérogatives face aux investisseurs, aux syndicats, aux partenaires étrangers sur des dossiers comme l’investissement, la privatisation, et la négociation des accords commerciaux de l’Algérie ». Nabni propose également une « série de réformes du système électoral touchant les listes électorales, les bureaux de vote itinérants et les votes par procuration, la supervision des élections, le comptage des votes et la mise en place de sondages ». Les dernières mesures portent sur le renforcement de l’indépendance et de l’expertise des juges, le renforcement de « l’indépendance, la diversité, la liberté et la déontologie de la presse écrite » et enfin, la mise en place d’une «instance indépendante d’analyse et d’évaluation des politiques publiques sous l’égide de l’APN ».

 

Source Maghebemergent

 

Lien vers le site : http://www.nabni.org/fr/

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article