Moscou et Kiev veulent éviter une nouvelle querelle du gaz

Publié le par Sassia

Pressions sur l'Ukraine

 

Reprise des discussions le 15 janvierPas de date limite officielleLe projet South Stream lié aux négociations avec Kiev. L'Ukraine et la Russie reprendront leurs discussions sur le gaz le 15 janvier, a déclaré lundi le groupe russe Gazprom, alors que les deux pays tentent d'éviter une nouvelle confrontation.
Les autorités des deux pays se sont engagées à assurer l'approvisionnement régulier de l'Union européenne, qui a été perturbé à plusieurs reprises en plein hiver ces dernières années par leurs contentieux à répétition sur les prix.
La Russie assure le quart des approvisionnements gaziers de l'UE et les discussions gazières entre Moscou et Kiev restent longues et ardues. L'Ukraine veut que la Russie revoie ses prix à la baisse. Moscou compte imposer à Kiev un prix de 416 dollars (318 euros environ) pour 1.000 m3 au premier trimestre 2012, l'équivalent de ce que paye l'UE.
Le prix est actuellement de l'ordre de 400 dollars/1.000 m3 et le président ukrainien, Victor Ianoukovitch, a dit la semaine dernière qu'il considérait 250 dollars comme le prix maximal acceptable.
Moscou ne veut pas céder, arguant que Kiev doit respecter les termes d'un contrat pluriannuel signé en 2009.
L'économie ukrainienne est fragile tandis que son homologue russe va subir le poids d'un accroissement de la dépense publique au cours des prochains mois, à l'approche de l'élection présidentielle du 4 mars.
A la différence de 2009, les deux pays n'ont pas de date limite claire pour aboutir à un accord, qu'il porte sur le prix ou sur le contrôle commun du réseau de gazoducs par lequel transite plus de la moitié du gaz russe destiné à l'UE.
Avant l'inauguration en novembre de l'oléoduc Nord Stream, par lequel transite directement vers l'Allemagne, via la Baltique, du gaz extrait au rythme annuel de 27,5 milliards m3, l'Ukraine assurait le passage de 80% environ du gaz russe vers l'Europe.
Le reste transitait par la Biélorussie, qui a accepté en novembre de céder son opérateur de gazoducs Beltransgaz à Gazprom en échange d'une réduction du prix du gaz, à 164 dollars/1.000 m3 en moyenne en 2012.
Moscou voudrait aussi mettre la main sur le réseau de gazoducs ukrainiens mais Kiev ne l'entend pas du tout de cette oreille.


LE PROJET SOUTH STREAM LIÉ À L'UKRAINE
Selon des sources du ministère de l'Energie russe, Moscou propose une co-propriété partagée et égale de ce réseau entre les deux pays. Une proposition englobant également des sociétés de l'UE est également sur la table.
Nord Stream doit doubler sa capacité à 55 milliards de m3 annuels d'ici la fin de l'année prochaine, affaiblissant un peu plus la position de l'Ukraine dans les négociations.
Moscou mène enfin l'offensive sur un autre front, celui du gazoduc South Stream, un projet de 15,5 milliards d'euros concurrent de Nabucco, le réseau appuyé par l'UE.
South Stream doit transporter 63 milliards m3 de gaz annuellement via la Mer Noire à partir de 2015, afin de contourner les pays de transit habituels dont fait partie l'Ukraine.
Le directeur général de Gazprom, Alexeï Miller, qui a rencontré lundi le ministre de l'Energie ukrainien, Iouri Boïko, a dit que la mise en oeuvre du projet South Stream dépendait des discussions avec l'Ukraine.
"South Stream a toujours été lié à l'Ukraine", a-t-il déclaré.
Selon une source du ministère de l'Energie russe a dit à Reuters, Moscou pense que la Turquie autorisera le gazoduc South Stream à traverser ses eaux, ce qu'elle a toujours refusé jusqu'à présent, opposant ainsi un sérieux obstacle à la concrétisation du projet.

 

Reuters via Les Echos - 26/12/2011

 


 

Gaz : les négociations Moscou-Kiev sans risque pour l'UE

 

Les négociations entre Moscou et Kiev sur les prix du gaz portent sur l'optimisation des livraisons de cet hydrocarbure et ne constituent pas une menace pour son transit via le territoire ukrainien, a déclaré lundi le ministre russe de l'Energie, Sergueï Chmatko, dans une interview à la chaîne de télévision Rossia 24.

"Je tiens à vous rassurer: il n'y a pas de risque pour la stabilité des livraisons gazières. Nous avons conclu des contrats à long terme", a indiqué le ministre.

Selon lui, "c'est précisément ce facteur qui distingue la situation actuelle de celle qui existait avant 2009, lorsque les contrats expiraient en fin d'année".

M. Chmatko a souligné que les contrats actuels excluaient tout risque d'interruption du transit.

"Nos collègues ukrainiens confirment que le risque d'interruption est complètement écarté. Les négociations en cours concernent l'optimisation des livraisons gazières à l'Ukraine, mais n'affectent pas la sécurité du transit", a-t-il affirmé.

L'Ukraine juge "pénalisant" le prix du gaz russe qu'elle achète à la Russie et mène avec cette dernière des négociations visant à le réduire. Le président ukrainien Viktor Ianoukovitch a déclaré que ce prix ne devait pas dépasser 250 dollars les 1.000 m3. A l'heure actuelle, il avoisine les 400 dollars les 1.000 m3.

La semaine dernière, le PDG du géant russe Gazprom, Alexeï Miller, a fait savoir que les négociations ne seraient pas achevées avant le Nouvel an.

Des désaccords sur les factures gazières russes ont entraîné par le passé des crises récurrentes dans les relations entre les deux pays, conduisant même à un blocage de l'approvisionnement européen en janvier 2009.

 

Ria Novosti - 26/12/2011

 

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