Les pays du BRICS en sommet

Publié le par Sassia

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Renforcement du commerce intra-BRICS

 

Les ministres du Commerce des BRICS ont appelé mercredi à résister aux tendances protectionnistes, à explorer les mesures détaillées de la coopération commerciale entre les pays des BRICS et à souligner l'importance des prix du pétrole stables pour la reprise de l'économie mondiale lors d'une réunion organisée New Delhi, un jour avant le sommet des BRICS.

Le communiqué de presse de la réunion a indiqué que les ministres ont demandé à leurs officiels d'explorer des moyens pour renforcer et approfondir la coopération entre les BRICS notamment dans les domaines des douanes, du commerce, des investissements dans les PME, de la collecte des données commerciales, du commerce électronique et de droits de propriété intellectuelle.

Concernant le renforcement du commerce intra-BRICS, le ministre chinois du Commerce Chen Deming a déclaré lors de la conférence de presse que la demande domestique de la Chine allait augmenter considérablement et que selon les estimations, la Chine allait importer pour 10 mille milliards de dollars de marchandises dans les cinq prochaines années, et qu'elle souhaitait importer plus des autres pays des BRICS.

Il a ajouté que les prix du brut et des marchandises en gros augmentaient de manière drastique et que tout cela avait un impact négatif sur les processus de la reprise économique mondiale, et que la Chine aussi en souffrait. "C'est pourquoi, pendant que nous traitons les questions géopolitiques, noue devons garder en tête les difficultés que rencontre l'économie mondiale ainsi que la mission urgente qui est de relancer l'économie mondiale. Les prix élevés du pétrole ne sont définitivement pas une bonne nouvelle pour le monde, y compris pour les pays développés", a-t-il insisté.

Rappelant que la Chine avait toujours respecté les résolutions de l'ONU, Chen Deming a informé que la Chine allait également développer des relations économiques et commerciales normales avec d'autres pays, y compris l'Iran.

Le ministre indien du Commerce et de l'Industrie Anand Sharma a pris le relais en déclarant que la sécurité énergétique était très importante pour l'Inde.

"L'Iran a été et continue d'être une ressource importante de l'approvisionnement en énergie de l'Inde", a-t-il déclaré.

Indiquant que l'Inde était un pays dépendant fortement des importations de pétrole, il a déclaré que le prix en hausse du pétrole avait eu un impact négatif sur le crédit et le compte courant de l'Inde".

Lors de la réunion, les ministres ont également souligné le besoin de résister aux tendances protectionnistes. Ils ont rappelé que les subventions dans l'agriculture dans certains pays développés continuaient de déformer le commerce et de nuire à la sécurité alimentaire des pays en voie de développement.

 

cri - 28/03/2012

 


 

Une banque des BRICS pour contrer le FMI

 

 L'Inde, qui accueille ce jeudi le quatrième sommet des Brics, met sur la table un projet de banque qui permettrait aux pays émergents de contourner la Banque mondiale et le Fonds monétaire international.

Né avant tout de la volonté d'échapper à l'influence des États-Unis et de l'Europe, le groupe des Brics, qui réunit le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud, se cherche encore une identité. Pour l'heure, les cinq pays émergents, qui représentent 40 % de la population mondiale et pèsent près d'un quart du PIB de la planète, ont surtout en commun leur insolente croissance. Un socle économique favorable à une plus grande intégration, mais qui reste encore à consolider.

Plus ambitieuse, la volonté de définir une diplomatie commune est carrément une vue de l'esprit, tant les divergences sont grandes au sein des Brics face aux crises politiques internationales. Sans compter le conflit larvé entre l'Inde et la Chine, qui n'ont toujours pas réglé leurs problèmes de frontières.

Il n'empêche, les Brics prennent forme. Et le quatrième sommet des cinq pays émergents qui se tiendra jeudi à New Delhi pourrait déboucher sur quelques décisions concrètes. «Les Brics forment un groupe à caractère unique. Il n'est pas fondé sur la géographie, comme l'Union européenne (UE) ou l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean)», relève Sudhir Vyas, secrétaire aux Affaires économiques du ministère des Affaires étrangères de Delhi. Ajoutant: «Au-delà de leur rôle de moteur de la croissance mondiale, les cinq pays sont unis dans leur volonté de chercher des solutions durables face aux défis mondiaux ; ils en ont les moyens.»

Bien que Pékin et New Delhi aient revu leurs prévisions de croissance à la baisse, les deux capitales affichent des chiffres à faire pâlir d'envie l'Europe et les États-Unis: + 7,5 % d'augmentation du PIB en Chine cette année ; + 6,9 % en Inde. Selon un rapport publié mercredi par Knight Frank & Citi Private Bank, l'Inde pourrait devenir la première puissance économique mondiale en 2050. «La Chine dépassera les États-Unis en 2020, et elle sera dépassée à son tour par l'Inde en 2050», affirment les analystes.

Concurrencer le dollar

Mercredi, à la veille du sommet, les ministres du commerce des Brics ont eu plusieurs séances de travail à New Delhi. «Les conséquences de la crise financière (en Europe) affectent tout le monde. Nous devons travailler tous ensemble pour surmonter le problème», a déclaré le ministre indien du Commerce et de l'Industrie, Anand Sharma. Chen Deming, son homologue chinois, renchérissant: «Il est nécessaire et urgent d'éviter que la crise dans l'Union européenne ne s'envenime.»

L'ordre du jour du sommet des Brics est vaste. Il ne durera que quelques heures, dans une capitale indienne transformée en véritable forteresse. Il y sera question de la sécurité alimentaire, de la santé, mais aussi du casse-tête du nucléaire iranien et de la Syrie. Le point d'orgue en sera toutefois la création d'une «banque des Brics», déjà surnommée «South-South Bank». Le projet, proposé par les Indiens, n'en est qu'à ses balbutiements. Mais l'idée tombe à pic alors que les Brics cherchent à formaliser leur existence en se forgeant des institutions.

La banque des Brics serait notamment appelée à financer des projets d'infrastructures dans les pays en développement. Elle serait aussi un excellent moyen de contourner l'euro et le dollar… au profit de la monnaie chinoise. Ce qui n'est pas pour plaire à tous les membres du groupe. Le Brésil, notamment, se plaint de la sous-évaluation du yuan. «Ce projet de banque montre que les pays émergents tentent de se retirer de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, qui sont dominés par les Occidentaux», affirme pour sa part John Mashaka, analyste à Wells Fargo Capital Markets.

 

Le Figaro - 28/03/2012

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