Le "printemps arabe", un nouveau terrain de rivalité entre la Russie et l’Occident

Publié le par le blog de Sassia

 

 

RIB- "Les autorités syriennes doivent, soit mettre en œuvre les réformes promises, soit partir", a déclaré, vendredi, le Président russe, Dmitri Medvedev, lors d'une réunion du Conseil de sécurité de Russie.

"Par le biais de nos canaux, nous menons un dialogue avec le pouvoir syrien et exigeons la mise en application des réformes nécessaires", a-t-il déclaré. "La Russie s'opposera à toute tentative de légitimer, à l'aide du Conseil de sécurité des Nations unies, des sanctions unilatérales contre les régimes indésirables", a indiqué le chef de l'Etat, en ajoutant que l'ONU n'avait pas été créée pour cela. Et de constater que le projet de résolution européen sur la Syrie, bloqué par la Russie, permettait de rééditer le "scénario libyen", dans ce pays. "Les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU assument une responsabilité particulière, pour les destinées de la paix dans le monde", a souligné le chef de l'Etat, en rappelant qu'en Libye, l'adoption de sanctions, par le Conseil de sécurité de l'ONU visant à protéger les civils, avait permis de lancer une opération militaire internationale, outrepassant le mandat de l'ONU. De toute évidence, le veto russe contre la résolution visant à appliquer des sanctions ciblées contre Damas était un grand appui apporté au gouvernement syrien. Cependant, on ne peut pas interpréter un tel soutien, exclusivement, dans le cadre des relations bilatérales entre les deux pays. Du côté russe, on estime que la Syrie constitue un nouveau front que les Occidentaux ont choisi, pour imposer leur propre Ordre international au reste du monde. Le gouvernement syrien, dirigé par Assad, n’est pas au diapason avec le programme que l’Occident, commandité par les Etats-Unis, envisageait d’appliquer, au Moyen-Orient. Moscou considère que le maintien du régime syrien sert ses intérêts, car cela constitue un obstacle à la mise au point d’un Ordre international unipolaire. En outre, la Syrie constitue un obstacle à la consolidation de la position d’Israël, dans la région. S’agissant de la Libye, aussi, la Russie a, dans un premier temps, résisté aux tentatives d’adoption d’une résolution, au Conseil de sécurité de l’ONU. Etant opposées à l’usage de la force contre Tripoli, les autorités du Kremlin ont tout fait pour convaincre le régime de Kadhafi de changer d’attitude, mais elles y ont reçu une fin de non-recevoir. Après leur échec, dans leur tentative de médiation, les autorités russes ont fini par voter,* en faveur d’une résolution, concoctée, par les Occidentaux, contre la Libye. Pour l’heure, la Russie est inquiète de voir le retard pris dans l’application des réformes, en Syrie, aboutir au renforcement de l’opposition, fournissant le prétexte, pour l’intervention militaire de l’Occident, en Syrie. C’est pour cette raison que le Kremlin a haussé le ton, appelant le gouvernement syrien à procéder aux réformes nécessaires ou à laisser la place aux autres, pour le faire, si lui-même s’en estime incapable.

 

8/10/2011

 

Correctif :

La Russie s'est abstenu de voter la résolution 1973

La Russie affirme '' travailler activement avec les dirigeants syriens pour qu'ils procédent à des réformes indispensables . S'ils ne sont pas capables de mener ces réformes, ils doivent partir». Cependant, Moscou maintient son opposition à toute ingérence étrangére  «c'est au peuple et au régime syrien de décider cela, et non pas à l'OTAN ou à certains pays européens», a ajouté le président Medvedev.

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