Le président Sarkozy veut être sur tous les fronts,...

Publié le par le blog de Sassia

face aux révolutions arabes et aux crises

En inaugurant hier à l'Elysée la 19 e Conférence des ambassadeurs, le président Nicolas Sarkozy, qui, depuis 2007, n'a cessé d'affronter des crises internationales, de la Géorgie à la Libye en passant par la Côte d'Ivoire, a défendu son choix de réorienter la politique étrangère de la France.

libye, printemps arabes, Côte d'Ivoire mais aussi crise de la dette, la réorientation de la politique étrangère française est en marche. Plus que la feuille de route traditionnelle de la politique étrangère qu'il compte mener, le président Nicolas Sarkozy a dressé hier un bilan -positif -de son action sur la scène internationale. En donnant le coup d'envoi de la 19 e Conférence des ambassadeurs qui s'achève vendredi et avant de présider aujourd'hui à Paris avec le Premier ministre britannique, David Cameron, celle des amis de la Libye, le chef de l'Etat a ainsi défendu ses choix « justes, politiquement et moralement ».

Pour le président, qui, en Côte d'Ivoire mais aussi en Libye, a obtenu -si ce n'est arraché -le feu vert des Nations unies, la France a ainsi « fait progresser le respect du droit international ; pas avec des phrases mais avec des actes ». « En mobilisant le Conseil de sécurité sur ces deux crises, nous avons concrétisé pour la première fois un principe d'action, que la France avait réussi à faire adopter à l'ONU en 2005 : la responsabilité de protéger », a ajouté Nicolas Sarkozy devant quelque deux cents diplomates français et ses ministres, dont en première ligne son chef de la diplomatie Alain Juppé. Mais l'activisme de la France n'est pas arrivé à faire adopter une position plus ferme face à la répression sanglante du régime en Syrie. Mais il ne s'agit pas de renoncer. « Le président syrien Bachar al-Assad a commis l'irréparable. La France, avec ses partenaires, fera tout ce qui est légalement possible pour que triomphent les aspirations du peuple syrien à la liberté et à la démocratie », a-t-il dit. Mais au-delà de ce choix, en faveur des aspirations démocratiques et non pas comme pendant longtemps en faveur d'un « statu quo » même de régimes dictatoriaux, le président Sarkozy a souligné d'autres changements comme celui du retour au sein du commandement intégré de l'Otan et un renforcement de l'axe Paris-Londres. « Les Etats-Unis ne souhaitant pas s'engager fortement en Libye, pour la première fois depuis 1949, l'Otan s'est mis au service d'une coalition emmenée par deux pays européens déterminés, la France et le Royaume-Uni. » Une manière aussi de rappeler que nos deux pays représentent la moitié des dépenses militaires et les deux tiers de celles de recherche et de développement en Europe. En tout cas, le président a confirmé qu'il n'y aurait pas de retrait précipité des troupes françaises d'Afghanistan mais un départ graduel d'ici à 2014. Sur un autre point, la France est décidée de prendre à l'ONU l'initiative pour éviter que les 27 pays de l'Union européenne ne se divisent sur la question de la reconnaissance d'un Etat palestinien. L'Europe doit parler « d'une seule voix », a-t-il dit. Paris devrait ainsi proposer un « statut intermédiaire » d'observateur qualifié, proche de celui du Vatican.

Après un été agité sur le front des monnaies mais aussi en pleine crise de la dette, le président français n'a pas perdu l'occasion de taper sur les doigts des marchés. « Les marchés ont perdu leur boussole : ils demandent à la fois de réduire les déficits et les dettes, mais s'inquiètent immédiatement de l'impact de la réduction des déficits sur la croissance. » Et avant le G20 de Cannes en novembre, le président a relancé des pistes de réforme du système monétaire international et de taxation des transactions financières. Et le message : finalement les crises, qui n'ont pas cessé depuis le début de son mandat, doivent être une chance « pour se réinventer » la politique internationale.

JACQUES HUBERT-RODIER, Les Echos 1/9/2011

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