La Macédoine accuse la Grèce

Publié le par Sassia

 

 d’organiser le transfert de clandestins sur son territoire

Le plus souvent la nuit, via des passages frontaliers illégaux, les autorités grecques, qui peinent de plus en plus à gérer la présence de plus d’un million d’immigrés clandestins sur leur territoire, feraient passer des centaines d’entre eux en Macédoine, affirme Dnevnik, citant des sources diplomatiques anonymes. Skopje en aurait informé l’Union européenne et son agence de contrôle des frontières, Frontex.

La Grèce joue un jeu dangereux en faisant passer illégalement en Macédoine des groupes de migrants clandestins. Selon des sources diplomatiques, la situation devient de plus en plus inquiétante, car la Macédoine et les pays de la région risquent d’être bientôt submergés par une vague importante de réfugiés, conséquence de la guerre en Syrie.


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La Grèce, que le nombre de migrants clandestins sur son territoire – ils seraient estimés à 1 million – rend nerveuse, souhaite se soulager d’une partie du « fardeau » en organisant des transferts illégaux en Macédoine. « Nous sommes victimes d’une immigration illégale provoquée par un pays membre de l’Union européenne. Cela représente un véritable danger pour la sécurité de notre pays. Ce problème soulève également plusieurs questions comme celles de la falsification des documents de ces clandestins, des groupes organisés qui se chargent de cette activité et de la corruption. En outre, cela fragilise notre frontière et a un impact direct sur notre budget », s’emporte Trpe Stojanovski, directeur du Centre régional pour la migration, l’asile, les réfugiés et les initiatives régionales (MARIR), dont le siège est à Skopje.

Comme tous les pays, la Macédoine suit de près ce que l’on appelle les « dangers globaux », c’est-à-dire les événements en Syrie et ailleurs. MARIR porte une attention particulière sur la « route vivante » des migrations : celle qu’empruntent les migrants clandestins originaires d’Afghanistan, d’Irak et, plus récemment, de Mauritanie. « Il s’agit d’un véritable défi, y compris pour les pays les plus riches », estime Trpe Stojanovski.

« L’UNHCR et l’UE attendent que nous nous pliions aux les normes internationales sur l’accueil des réfugiés, ce que nous faisons. Mais nous demandons qu’en retour, ils en fassent de même avec leurs propres obligations », a indiqué Strasho Angelovski, directeur du Centre d’accueil macédonien pour les demandeurs d’asile, qui a précisé qu’il recevait 70 à 150 demandes d’asile par jour. Dans la plupart des cas, la Macédoine est considérée par les migrants comme pays de transit, une « escale » avant de tenter de rejoindre les pays de l’UE.

Selon des sources non officielles, la Grèce devrait bientôt se préparer à accueillir quelque 12 000 réfugiés supplémentaires. Certaines estimations annoncent un afflux de 20 000 réfugiés si le conflit syrien perdure.

Le Courrier des Balkans - 23/08/2012

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