La croissance, meilleure garantie d’un renouveau social

Publié le par le blog de Sassia

 

Un commentaire sur le journal Horizons H.Rachid 1/10/2011

 

L’attente d’une revalorisation du SNMG, au demeurant légitime, a quelque peu éclipsé les autres aspects de la tripartite dédiée également à l’amélioration des performances de l’appareil de production national. Il ne s’agissait pas seulement de réajuster un salaire mais de se pencher sur l’état de l’économie.
La bonne santé de cette dernière conditionne au final l’amélioration des conditions de vie des travailleurs. La croissance est la seule voie pour créer des postes de travail, la meilleure garantie d’un renouveau social.   Tout économiste connaît le risque de procéder à des revalorisations inconsidérées de salaires si celles-ci ne s’accompagnent pas d’une meilleure compétitivité de l’économie.  L’inflation est au détour de tout processus qui découple l’octroi de meilleurs salaires et l’existence d’une contrepartie physique, sous forme de production de biens et services. Beaucoup d’économistes avaient souligné un tel risque et mis en garde contre le recours à la planche à billets. Tout le monde s’accorde à dire que le pays a pâti d’une ouverture née de la libéralisation du marché et d’engagements avec l’UE ou des pays arabes  qui ont favorisé l’entrée de produits étrangers. Un secteur comme celui du textile s’est retrouvé sinistré, avec à la clé la perte de dizaines de milliers d’emplois.
La maroquinerie et les produits d’artisanat ont subi les mêmes contrecoups. À la faveur des lois de finances de ces dernières années, une tendance au protectionnisme s’est progressivement affirmée pour protéger l’emploi et relancer les entreprises nationales, notamment les PME, qui bénéficient d’un régime de faveur en matière de fiscalité et de crédits bancaires. 
Lors de cette tripartite, ces orientations ont été de nouveau  confirmées. L’autre préoccupation qui a affleuré est le souci pour les pouvoirs publics de favoriser les entreprises par la création d’un meilleur environnement. L’urgence est aussi de réhabiliter l’entreprise algérienne confrontée à de multiples contraintes.  Autant les organisations patronales que les représentants de la centrale syndicale s’accordent à reconnaître que l’Etat a pris de nombreuses mesures allant dans ce sens. L’effacement de dettes d’entreprises publiques, la priorité dans l’accès à la commande publique ou l’encouragement des exportations hors hydrocarbures figurent parmi tant d’autres actions de nature à redonner vigueur à l’outil de production nationale. La tripartite se révèle ainsi un cadre de réflexion pour affiner une démarche économique où les intérêts de l’entreprise ne seraient pas sacrifiés sur l’autel d’un discours populiste et politicien. Cela ne devrait pas éviter une révision pour consacrer une nouvelle approche des salaires qui, dans notre pays, sont autant inégalitaires que faibles.

 

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