Ils sont là

Publié le par le blog de Sassia

 

par El-Guellil

La mémoire ne retient pas les noms. Je ne me rappelle donc pas qui avait écrit «Compter sur la reconnaissance d'âmes viles, c'est se frustrer des assiduités qu'attire l'espérance : l'objet de l'espérance est toujours présent, et celui de la reconnaissance se perd bientôt de vue ; ainsi l'on gagne bien davantage avec l'une qu'avec l'autre. A peine s'est-on désaltéré qu'on tourne le dos à la fontaine : à peine a-t-on pressé l'orange qu'on la jette. Dès que la dépendance ne subsiste plus, la relation et avec elle la considération cesse. C'est un principe dans l'usage très important, d'entretenir, et de ne remplir jamais le besoin que l'on a de nous ; et cela, même à l'égard du souverain: ce principe néanmoins ne doit pas aller jusqu'à nous taire pour laisser faire une fausse démarche ; et à rendre le mal d'autrui incurable pour notre propre avantage. »

 Le retraité passe les plus belles années de sa vie à dépenser sa force de travail, se donner à fond sans compter et cotiser sans choisir la caisse de retraite, elle lui est imposée d'office. Une fois les années de trime finies à bout de force et de souffle, il lui est fait une fête pour le remercier. Jetable. Il se retrouve du jour au lendemain à attendre cette pension fruit d'une vie de passion. Elle vient et arrive quand elle veut au gré des faiseurs de comptabilité et envoyeurs de mandats. Sitôt reçue, la pension part en fumée… comme toutes les années qu'il a passées à se consumer.

 Il est de même pour quelques-uns qui donnent sans compter, sans calcul pour le bien collectif. Ceux pour qui seul compte le travail bien fait sans hypocrisie ni ruse mal placée. Ceux-là finissent par déranger. Car le monde est ainsi fait ! Quand ce n'est pas la jungle, c'est le zoo. Mais les prédateurs, même apprivoisés, sont toujours là.


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