F. Hollande : 120 milliards de croissance, des eurobonds plus tard

Publié le par Sassia


PARIS, 17 juin (Reuters) - François Hollande souhaite que 120 milliards d'euros soient consacrés à la relance économique en Europe d'ici fin 2012, le projet d'euro-obligations - rejeté par l'Allemagne - étant désormais envisagé à long terme, écrit le Journal du Dimanche.
L'hebdomadaire cite le mémorandum soumis par le président français à ses partenaires européens en vue du Conseil européen des 28-29 juin qui vise à enrayer la crise dans la zone euro.
Les sommes envisagées par la France et leur provenance reflètent globalement les projets discutés actuellement par les dirigeants et les administrations européennes. Le chiffre de 100 milliards d'euros a été évoqué à plusieurs reprises.
"Des mesures de croissance à effet rapide, à hauteur de 120 milliards d'euros, devraient être décidées par le Conseil européen dès juin", écrit François Hollande dans ce "Pacte pour la croissance en Europe" de onze pages, écrit le JDD.
"Elles devraient être développées avant la fin de l'année avec en particulier la création d'une taxe sur les transactions financières. Enfin, elles devraient être accompagnées de mesures pour l'emploi, en premier lieu en faveur des jeunes", poursuit-il.
Selon la partie française, une part "significative" d'un total de 55 milliards d'euros de fonds structurels disponibles serait débloquée d'ici à la fin de l'année.
La Banque européenne d'investissement serait recapitalisée de 10 milliards d'euros et irait emprunter sur les marchés pour prêter 60 milliards d'euros pour des projets d'infrastructures.
Des "project bonds" pour 4,5 milliards d'euros seraient créés avant la fin de l'été, poursuit le JDD, ajoutant que "le chef de l'État propose d'aller, à échéance plus lointaine, jusqu'à 10 milliards d'euros".
Quant aux euro-obligations, la France a accepté la logique allemande, qui considère qu'une plus forte intégration économique est un préalable indispensable à ces émissions d'emprunts communs, et "elle propose que les eurobonds soient inscrits dans 'une feuille de route pour les dix prochaines années'", écrit le JDD. (Jean-Baptiste Vey)
 
investir.fr - 17/06/2012
 
 
Que sont les eurobonds  ou euro obligations?
 
Ce sont des obligations qui seraient émises en commun par les pays de la zone euro afin d'uniformiser leurs taux d'intérêt. Ce taux unique serait une moyenne calculée par rapport aux taux auxquels les différents pays se financent actuellement. Le but serait donc de mutualiser les dettes souveraines de la zone euro.
Qui aurait à y gagner ?
Les pays qui sont en difficulté économique, comme la Grèce, l'Irlande et le Portugal. Ces titres leur permettraient de partager leur dette nationale au niveau européen. Ils ressentiraient donc moins le contre-coup financier des forts taux d'intérêts auxquels ils sont actuellement astreints. L’Italie et l'Espagne, qui ont subi ces derniers jours de virulentes attaques sur les marchés, pourraient également y trouver leur compte.
Qui pourrait y perdre ?
Les pays les plus robustes économiquement, comme l'Allemagne, qui s'y oppose formellement. Les pays qui n'ont aucun problème de financement bénéficient de la confiance des investisseurs et jouissent ainsi de taux d'intérêt bas. A titre d'exemple, l'Allemagne rembourse ses emprunts à un taux d'environ 2 %, tandis que ce taux s'élève à près de 15 % pour la Grèce. Ainsi avec l'arrivée des eurobonds, les pays solides financièrement devraient payer des taux plus élevés pour compenser la dette de leurs voisins européens.
De plus, les pays riches craignent que les pays les plus endettés se reposent sur cette mutualisation et rechignent ainsi à entreprendre des réformes économiques nécessaires. Source : Arte journal  
 
Qu'est-ce qu'un "project bond" ?
Certains les appellent les "bébés eurobonds" : il s'agirait aussi d'emprunts lancés en commun par plusieurs pays européens. Mais leur but serait de financer des grands projets d'infrastructure continentaux. Face à l'emprunt et donc à cette nouvelle dette, il y aurait un actif, l'investissement réalisé.
Un accord, encore à confirmer par les Vingt-Sept, vient d'être trouvé avec le Parlement européen pour lancer une phase pilote : grâce à une enveloppe de départ de 230 millions d'euros du budget européen, l'Union européenne lèverait, en s'appuyant sur la Banque européenne d'investissement et des capitaux privés, jusqu'à 4,5 milliards d'euros pour financer dès juillet cinq ou six chantiers dans les transports, l'énergie ou l'économie numérique. Source : Le Monde
 
 
  
 

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