Dette USA : analyse

Publié le par Sassia

 

Comment faire croire qu'Obama va réduire l'endettement

| - Blog Figaro

Bill Clinton est un excellent orateur. Il sait expliquer. Il sait convaincre. Il sait séduire...(you see what I mean). Il sait également habiller la réalité pour plaider sa cause. La page éditoriale du Washington Post vient de le prendre en flagrant délit de mensonge.
Il faut rendre hommage à ce grand quotidien démocrate qui par ailleurs souhaite la réélection de Barack Obama. Le Washington Post est honnête dans ses convictions: il ose souligner les contre-vérités prononcées par ceux qui sont dans son camp. Bravo. Je n'en dirais pas autant du New York Times qui ne trouve que des défauts à Mitt Romney et ses amis et que des qualités et des circonstances atténuantes à Barack Obama.
Devant une presse béate d'admiration, devant des journalistes et diplomates français hypnotisés, Bill Clinton la semaine dernière a dit: "Barack Obama a offert un plan raisonnable de réduction de la dette de 4000 milliards de dollars au cours de la décennie...c'est le type d'approche équilibrée proposée par la Commission Simpson-Bowles, une commission bipartite".
Voilà qui est censé rassurer: Obama veut réduire la dette. Obama veut le faire de manière équilibrée. Obama a une solution bipartite. Problème: c'est totalement inexact.
Et le Washington Post d'oser le démontrer. Je ne fais que reprendre ici cette démonstration.
1) La Commission Simpson-Bowles a proposé un programme de réduction de l'endettement il y a près d'un an. Barack Obama s'est assis dessus. Il n'a rien repris de ce rapport.
2) La Commission prône 4000 milliards de dollars de réduction d'endettement sur NEUF ans. La neuvième année est importante: 817 milliards de dollars de réduction de dette sur la seule année 2020...En parlant de "dix ans" le mensonge clintonien commence.
3) Barack Obama arrive au chiffre de 4000 milliards en tenant compte de l'expiration d'allègements d'impôts votés du temps de George W. Bush. Total: 968 milliards de dollars sur neuf ans...La Commission Simpson-Bowles part du principe que ces dispositions expireront et donc ne tient pas compte de ces "économies". Deuxième mensonge clintonien.
4) Barack Obama tient compte de 800 milliards de dollars de dépenses qui ne verront pas le jour: il s'agit de l'argent que l'Amérique ne dépensera pas en Irak et en Afghanistan. Faire croire qu'on fait des "économies" en citant des montants dont on sait qu'ils ne seront pas dépensés, c'est la manière de faire les budgets à Washington. Les républicains font la même chose du reste...
Lorsque l'on adopte une manière honnête de mesurer les "économies", qui ne sont en fait qu'un ralentissement dans le rythme de hausse de la dette, on découvre que le plan Obama est de plus de 50% en deça de ce que propose la Commission bipartite.
La réalité est que Barack Obama n'a jamais proposé de plan sérieux de réduction à court, moyen ou long terme de l'endettement public. Les républicains sont allés un peu plus loin, en théorie, mais leur attachement au maintien des allègements fiscaux de l'époque Bush fils, et leur refus de donner les détails de leurs baisses de dépenses, rend leurs propositions suspectes.
L'agence de notation Moody's ne s'y trompe pas. Elle vient de promettre à l'Amérique la perte du AAA si le Congrès et la Maison blanche ne s'entendent pas l'an prochain sur un programme sérieux de réduction de l'endettement. Standard & Poor's il y a un an a déjà retiré cette notation d'élite aux États-Unis, soulignant que son système politique était bloqué et incapable de réduire l'endettement.
Il y a quatre ans, Barack Obama avait promis de réduire de moitié le déficit durant son premier mandat...Il avait aussi promis un "nouvel esprit" post-partisan pour résoudre les problèmes du pays. Sa manière de trafiquer les chiffres pour faire croire à des réductions héroïques de dépenses ne tient pas la route. Les républicains parlent fort, mais sont avares de détails...
     
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