Algérie : De la rente énergétique à l’OMC

Publié le par le blog de Sassia

omc.jpgKassim BOUHOU

 

En 2008, l’Algérie occupe le 72e rang du classement des

marchés les plus rentables pour les produits et services

américains15.

 

Passant d'une situation de crise économique profonde à celle de bonne élève du Fonds monétaire international (FMI), l'Algérie suscite aux États-Unis un regain d'intérêt économique qui n'est plus uniquement pétrolier ou gazier16. En effet, la diversification du marché algérien et, à terme, le démantèlement des barrières tarifaires et l'accroissement des investissements américains en Algérie constituent les nouveaux horizons. Dans cette perspective, Washington participe directement17 aux réformes des législations fiscale, judiciaire et commerciale engagées par Alger en vue d'une prochaine accession à l'OMC et dispose depuis 2002 d'une chambre de commerce américaine à Alger et d'un US-Algerian Business Council à Washington. La politique américaine devrait se poursuivre sous la forme de l'entrée en vigueur d'un Open Skies Agreement18, d'un soutien accru de la Banque Import/Export19 au commerce américano algérien, du lancement du programme de crédit par le Département américain à l'Agriculture20 et d'un accord-cadre sur l'investissement et le commerce soumis à l’intégration algérienne à l’OMC. Alger a pris acte des promesses américaines et bénéficie de l’assistance américaine en vue de faciliter son entrée à l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), assortie d’une clause de conditionnalité liée à ses progrès dans le domaine de la bonne gouvernance. En contribuant, à hauteur d’un million de dollars, aux réformes des législations fiscales, judiciaires et commerciales engagées par Alger en vue d'une prochaine accession à l'OMC, les Américains peuvent mesurer très concrètement les efforts fournis par le pays dans le domaine de la bonne gouvernance. Ces opérations de formatage appelées shaping par les diplomates américains, permettent aux acteurs économiques américains d’agir directement sur le tissu économique algérien. Ainsi, le groupe américain Northrop Grumman (non étatique) a lancé en 2005 l’Algerian Industries Development Group, une holding dont le rôle est de soutenir le développement économique, grâce au transfert de technologie, à la privatisation des entreprises nationales et au développement des infrastructures. Dans le domaine de la formation, l’influence américaine est deplus en plus ostensible. Le 30 octobre 2005, l’ambassadeur des États-Unis en Algérie, Richard Erdman, signe un accord avec le ministre algérien de l’Éducation nationale, Boubekeur Ben Bouzid, doté de 4 m$ portant sur le renforcement de la langue anglaise, la formation des formateurs, la conception des programmes et des manuels en formant des techniciens en la matière et le développement des nouvelles technologies. De la même manière, les conseils américains en matière de redéfinition de l’organisation de l’entreprise sont recherchés. Le président du conseil d’administration du groupe algérien Cevital, Issad Rebrab, explique dans une interview à Jeune Afrique [qu’] « après un très fort développement depuis 1999, son entreprise a traversé une crise de croissance depuis deux ans, avec une organisation qui n’était plus adaptée à [sa] taille. [Il a] donc fait appel au cabinet américain McKinsey pour revoir [son] organisation, et, désormais, [est] le président du conseil d’administration ». Les États-Unis sont les principaux investisseurs étrangers en Algérie, avec, entre 1998 et 2001, plus de 900 m$ d’investissements directs (IDE), soit près du triple de l’Égypte qui est, avec 360 m$ sur la même période, le deuxième investisseur étranger. Investisseurs de longue date, les opérateurs privés américains demeurent intéressés essentiellement par le secteur des hydrocarbures (Tableau 1). Une diversification commence à s’opérer vers les secteurs de la chimie et de la pharmacie (Pfizer) mais elle reste mineure. Shell a décroché en 2006 deux contrats pour forage de sept puits de pétrole évalués à environ 60 m$. La société Halliburton reste le principal fournisseur de services dans l’environnement pétrolier algérien avec un ancrage dans le champ pétrolifère de Hassi Messaoud. Alors que l’Algérie est le 6e fournisseur de pétrole pour le marché américain, la branche du gaz naturel liquéfié (GNL) de la compagnie nationale algérienne Sonatrach semblait, jusqu’en 2005, cantonnée au marché sud-européen. Elle a depuis bénéficié de plusieurs contrats avec les Américains Occidental Petroleum et Sempra Energy, leaders du marché du GNL aux États-Unis, signés notamment à l’occasion du World Petroleum Congress qui se tenait à Madrid du 29 juin au 3 juillet 2008. En 2012, un tiers de la production de GNL de Sonatrach sera dédié au bassin atlantique a précisé son président-directeur général, Mohamed Meziane. L’objectif de ce recentrage est de s’emparer et de contrôler dans son intégralité une des filières d’approvisionnement du marché américain. M. Meziane n’avait pas caché son intention en 2005 de faire de sa société une force aussi à l’extérieur. « Nous continuerons naturellement à renforcer nos positions sur le marché gazier international : Sonatrach veut être opérateur aux États-Unis. En somme, notre stratégie est de valoriser notre gaz sur toute la chaîne ; de la vente jusqu’au terminal et du terminal vers le consommateur américain21 ». La Sonatrach se donne les moyens de ses ambitions en signant deux engagements majeurs. Le premier est un accord avec la société Sempra Energy portant sur une réservation par la compagnie algérienne d’une capacité de regazéification de gaz naturel liquéfié (GNL) sur un terminal de réception Cameron Liquefied Natural Gas (CLNG) en Louisiane. Cet accord permettra d’approvisionner le marché américain avec un volume allant de 250 à 500 millions de pieds cubes par an, sur une durée de 20 ans. L’accord comprend également, la prospection des opportunités de commercialisation de gaz naturel sur les marchés américains. Le second est une lettre d’intention cosignée avec Occidental Energy Ventures Corporation, pour une réservation par Sonatrach d’une capacité de regazéification de GNL sur le Terminal de « Ingleside Energy » dans la région du golfe du Mexique. En Algérie, c’est Kellog qui remporte en 2005 le contrat pour réaliser le nouveau complexe de GNL de Skikda. Les entreprises américaines participent pleinement au développement des moyens d’exploitation des ressources. C’est le cas d’Entrepose Contracting qui remporte en 2006 un contrat de 50 m$ pour la conception, la fabrication et le montage d’une unité de pompage de pétrole brut alimenté par du gaz. La société est également en charge de la fabrication d’un gazoduc de 120 km de long et précise au passage que le recours aux compétences locales algériennes sera maximisé pendant toutes les phases du projet. Dans le domaine électrique, General Electric a remporté, en juin 2008, le contrat d’équipement d’une centrale électrique située à 700 km à l’est d’Alger. Il s’agit du troisième site confié aux Américains qui fournira des turbines à gaz de haute technologie. Montant du contrat : 635 millions d’euros. Un mois plus tôt, General Cable, leader mondial des produits fils et câbles, a acquis 70 % du capital de l’Entreprise nationale des industries du câble (Enicab) en Algérie. Selon le groupe américain, le chiffre d’affaires annuel pourrait atteindre au moins les 200 millions d’euros une fois le projet d’investissement mis en oeuvre.

Le président Abdelaziz Bouteflika a vendu à la Maison-Blanche son savoir-faire dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et a, du même coup, su positionner son pays dans l’échiquier post-11 septembre. De sa visite à New York en septembre 2004, il est reparti avec un accord-cadre prévoyant le doublement du volume des échanges entre les deux pays, hors hydrocarbures. Le président algérien a affiché sa satisfaction en qualifiant ses entretiens de « très positifs » et de « très prometteurs ». Jugement qui tranche avec le terrible « Je pars les mains vides » qui concluait sa visite en France un mois plus tôt. En effet, entre 2005 et 2008, les relations commerciales américano-algériennes connaissent un essor inédit. Elles enregistrent en 2007 une hausse de 2 Md$. Les exportations algériennes ont atteint 17,5 Md$ et celles des États-Unis vers l’Algérie 1,5 Md$, soit 20 % d’augmentation. À titre de comparaison, en 2004, la France est demeurée le premier fournisseur de l’Algérie avec un montant global de 4,12 Md$, soit 22,67 % du total des importations algériennes. Mais elle est le 3e client, avec 3,61 Md$, assez loin derrière les États-Unis qui ont absorbé 23,15 % des exportations algériennes en 2004.

 

 

En juillet 2008, sous la pression de l’opinion publique qui assiste au pillage de l’Algérie, Bouteflika prononce un discours devant les présidents des assemblées populaires dans lequel il annonce un virage de la politique économique nationale, nouvelle qui suscite une levée de boucliers du patronat.

 

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Surprise : Barack Obama renonce à inviter les dictateurs africains et choisit la société civile
 

Lematindz : 28/07/2010

http://www.lematindz.net/news/3242-obama-condamne-les-dirigeants-dafrique-qui-changent-les-lois-pour-saccroche.html

 

Bouteflika visé par le discours virulent de Barack Obama 

 Le matindz : 4/08/2010

http://www.lematindz.net/news/3244-bouteflika-vise-par-le-discours-virulent-de-barack-obama.html

 

 

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