JF Copé : "Cher François...

Publié le par Sassia

Alain,...Jean Pierre..."    

 

 
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UMP : Jean-François Copé assure ses arrières pour l'après-6 mai – Le Point – 6/05/2012
En proposant le retour des courants, le patron de l'UMP tend un piège à ses rivaux, tout en prévenant les risques d'explosion du parti.
Source : http://www.lepoint.fr/politique/ump-jean-francois-cope-assure-ses-arrieres-pour-l-apres-6-mai-03-05-2012-1457737_20.php

Fillon : "Copé ne peut prétendre être le leader de l'UMP" – Le Monde – 24/05/2012
La veille, M. Fillon a mis fin au semblant d'unité que son rival, Jean-François Copé, et les ténors de droite voulaient afficher jusqu'aux législatives, en déclarant dans un entretien au Figaro Magazine à paraître vendredi : "Depuis le départ de Nicolas Sarkozy, il n'y a plus, à l'UMP, de leader naturel. Donc, il y aura une compétition.   Alors qu'on lui demandait s'il n'avait pas commis une faute en se déclarant trop tôt, comme l'a laissé entendre M. Copé en lui demandant la veille de ne "se mobiliser que sur les législatives", M. Fillon a souligné l'"hypocrisie" de son rival pour prendre le leadership de la droite dans la perspective de 2017.  
Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2012/05/24/fillon-cope-ne-peut-pretendre-etre-le-leader-de-l-ump_1706314_823448.html

 


 

Législatives : grandes ambitions et petits calculs

Le PS rêve d’une majorité absolue qui éviterait au gouvernement de dépendre du bon vouloir des Verts et du Front de gauche. La cohérence des électeurs qui ont toujours donné une majorité au président qu’ils venaient d’élire jouent dans ce sens. Les sondages semblent le confirmer, avec, selon l’IFOP, un PS à 34% mais une gauche à 46%, 10 points de plus qu’en 2007. Le nouveau pouvoir a plutôt réussi ses premiers pas : François Hollande joue sa partition et trouve des alliés sur la scène internationale ; l’accent mis par le gouvernement sur la sobriété et la normalité de son fonctionnement rattrapent les premiers couacs de ministres qui manquent d’expériences. Mais le Parti socialiste se garde bien de proclamer son ambition : Ses alliés y verraient de l’hégémonisme, et surtout un excès de confiance risquerait de démobiliser l’électorat de gauche. Il lui faut à l’inverse éviter toute dramatisation qui témoignerait d’une fébrilité devant la peur de perdre.

La situation n’est pas plus simple à droite, bien au contraire. « L’honorable défaite » de Nicolas Sarkozy – il n’y a que 114.000 voix d’écart avec François Hollande – peut laisser entrevoir une victoire surprise aux législatives qui ne seront plus polluées le « rejet anti Sarko ». Le redécoupage « aux petits oignons » des circonscriptions effectué par le ministre spécialiste de la carte électorale Alain Marleix et la création de 11 députés de l’étranger qui devraient être de droite pour 8 d’entre eux, favorisent l’UMP. Ses leaders ne manquent pas une occasion de taper à bras raccourcis sur le gouvernement, Ayrault et Montebourg pour leurs condamnations par la justice, même si leur intégrité n’est pas en cause, et surtout Christiane Taubira pour avoir annoncé la suppression des tribunaux correctionnels pour les mineurs, ce qui confirmerait l’angélisme et le laxisme de la gauche. Et le dérapage n’est pas loin quand Jean-François Copé proclame : « On vote Front national et on se retrouve avec Christiane Taubira » : Attention au risque d’être taxé de misogynie et de racisme…

Néanmoins certains comme Henri Guaino déclarent que « les élections sont gagnables ». Mais la majorité des responsables sont plus prudents, tout en ayant le même secret espoir. D’une part parce qu’il leur est difficile de prôner une cohabitation qu’ils n’ont eu de cesse de stigmatiser jusque-là comme l’abomination de la désolation. Certains l’ont rappelé mercredi en comité stratégique à Jean-François Copé. D’autre part et surtout, comme l’explique Patrick Devedjian, parce que ce serait le meilleur moyen de réveiller la gauche. Mieux vaut la battre par surprise, en misant sur le local, les risques d’un crash économique et l’abstention des électeurs de gauche quand ceux de droite se mobiliseraient pour une revanche.

 

Malheureusement pour elle, l’UMP voit repartir la guerre des chefs. François Fillon n’a pas tort de constater qu’il n’y a plus de leader naturel à droite. Surtout il veut empêcher que Jean-François Copé, qui s’est proclamé « chef de guerre » pour les législatives devienne dans la foulée à l’automne le président de l’UMP. Et par voie de conséquence le candidat à la Présidentielle de l’UMP désigné par des primaires « fermées », c’est à dire réservées aux seuls militants que Jean-François Copé contrôle grâce à l’appareil et à ses clubs Génération France. François Fillon, en prenant la tête de l’UMP, pourrait au contraire imposer des primaires ouvertes à tous les sympathisants et électeurs de droite, chez lesquels, selon tous les sondages, il l’emporte largement sur son rival. Il reste à Alain Juppé à demander à ce que le président de l’UMP ne puisse être le candidat à l’Elysée…Ce qui lui permettrait, à lui, de l’être !

Au-delà des batailles d’hommes, après tout naturelles quand il est question de pouvoir, il y a celle des idées. Jean-François Copé est le tenant d’une droite autoritaire et libérale, qui met l’accent sur l’ordre et la nation. François Fillon est l’héritier séguiniste d’une droite sociale tout en défendant une politique de rigueur. C’est aussi la stratégie très droitière de la campagne Présidentielle, inspirée par le conseiller de l’Elysée Patrick Buisson, qui est au centre des débats à venir.

Mais Jean-François Copé comme François Fillon devront affronter le Front national, avec lequel une majorité de militants et de sympathisants UMP semblent souhaiter des accords électoraux. Alors que toute la stratégie du FN est de provoquer l’éclatement de la droite républicaine, et la recomposer à sa main pour accéder au pouvoir.

 

Gérard Leclerc - LCP - 25/05/2012

 

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