Au jour, le jour...une histoire de jasmin

Publié le par algerie123.over-blog.com

 

Zone d’influence et conflits d’intérêts

 

Présence des Etats Unis au Maghreb
Kassim BOUHOU - 2010

 

L’Initiative de partenariat avec le Grand Moyen-Orient est présentée le 13 décembre 2002 par le Secrétaire d’État, Colin Powell. Il la décrit comme un effort pour aider les pays de la région à combler le retard qu’ils ont pris en termes de prospérité et de qualité de vie. Pour se développer au XXIe siècle, le Moyen-Orient a besoin de la liberté économique et politique, d’un système éducatif moderne et de favoriser l’émancipation des femmes. On retrouve là les thèmes figurant dans le Rapport sur le développement humain dans le monde arabe du PNUD qui semble être la source d’inspiration principale du plan américain. Il s’agit de contribuer à combler les « déficits » en termes de démocratie, d’opportunité économique et de connaissance. L’Initiative a donc pour objet d’encadrer une assistance américaine dans quatre domaines :

 la démocratie et la bonne gouvernance (lutte contre la corruption) ;

L’avènement d’une société de la connaissance (réforme de l’éducation, lutte contre l’illettrisme…) ;

L’ouverture économique (réforme du secteur financier…) ;

Les droits des femmes.

Le domaine économique reçoit une attention particulière. Il semble propice au lancement des premières réformes, puisque l’amélioration sert les intérêts des gouvernements comme ceux des États-Unis12. Cela traduit également la conviction américaine que l’ouverture économique accompagne nécessairement la libéralisation politique. Il s’agit d’améliorer la compétitivité des productions régionales, d’encourager les investissements et de faciliter le développement des entreprises privées. L’objectif américain est d’instituer un climat plus propice aux échanges, en commençant par éradiquer la corruption et établir la primauté du droit. Des programmes sont mis en place dans le domaine des règles douanières, des réglementations commerciales ou de la protection de la propriété intellectuelle. C’est sur le front économique que l’on peut véritablement parler d’une compétition transatlantique au Maghreb, les forces en présence étant comparables. Avec une part de 26 % du PIB mondial, contre 31 % pour les États-Unis, le deuxième potentiel agricole mondial une forte assise industrielle et financière, l’UE a les moyens économiques de ses ambitions. Conscients de la montée en puissance de l’Europe sur ce terrain, les États-Unis ont d’abord cherché à affirmer leur hégémonie sur l’économie pétrolière de cette région, à partir de l’Algérie notamment et ensuite à nouer des rapports de partenariat avec les pays maghrébins à travers notamment les ALE (Tunisie, Maroc). Malgré la force de la présence économique de l’UE, les offensives américaines au Maghreb sont mal perçues. Les États-Unis ont repris à leur compte l’adage du président Coolidge selon lequel « l’affaire de l’Amérique ce sont les affaires » et ont conféré à leurs relations commerciales avec les pays du Maghreb un cadre bien balisé, à l’instar des rapports euromaghrébins. Mécontents de ne pas avoir été associés au processus de Barcelone, les Américains ont proposé aux Maghrébins l’initiative Eizenstat. Il est vrai que le processus d’établissement d’une zone de libre-échange américano maghrébine, concurrente de celle qui est projetée entre l’UE et les pays riverains de la Méditerranée a bel et bien commencé avec l’entrée en vigueur, le 1er janvier 2006, de l’accord États-Unis/Maroc. Le processus de libreéchange proposé par Washington aux pays maghrébins heurte inévitablement les intérêts européens dans cette région.

 

 

Barak Obama : http://www.youtube.com/watch?v=w6Ek9yr2R1U
Michelle Alliot Marie : http://www.youtube.com/watch?v=HKH5YOzbEPw&feature=related

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