l'Egypte...au Grand Moyen Orient

Publié le par algerie123.over-blog.com

 

 

« le but de la politique étrangère n’est pas de fournir un exutoire à nos sentiments d’espoir et d’indignation ; c’est de façonner de vrais évènements dans le vrai monde » John Fitzgerald Kennedy

 

 

 

Pragmatisme par  Merzak Tigrine - Liberté

Contrairement à la politique de ses prédécesseurs au bureau Ovale, notamment George W. Bush, qui pensaient instaurer la démocratie dans les pays arabes par la force, mais qui n’ont récolté qu’une poussée de l’islamisme, Obama entend atteindre l’objectif de la démocratie en poussant au départ ou au changement des dirigeants “honnis par leurs peuples” que les États-Unis soutenaient contre vents et marées.

Les chefs d’État arabes, notamment les dictateurs, peuvent se faire des soucis pour leur avenir, car Washington semble déterminé à leur retirer sa couverture, si l’on se fie à leurs prises de position vis-à-vis de ce qui se passe en Tunisie et en Égypte. L’exemple de la chute brutale du président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, que beaucoup considéraient comme un “protégé” de l’administration US, est révélateur à plus d’un titre. Plus récemment encore, la Maison-Blanche n’a pas épargné de ses critiques le Raïs égyptien, que d’aucuns croyaient exempt de toute attaque en provenance des States, particulièrement pour son rôle dans les relations israélo-arabes. Hosni Moubarak est désormais pressé par les responsables américains de répondre rapidement aux “demandes de changement politique” émanant de la rue, et le somment de ne pas réprimer les manifestants. Contrairement à la politique de ses prédécesseurs au bureau Ovale, notamment George W. Bush, qui pensaient instaurer la démocratie dans les pays arabes par la force, mais qui n’ont récolté qu’une poussée de l’islamisme, Obama entend atteindre l’objectif de la démocratie en poussant au départ ou au changement des dirigeants “honnis par leurs peuples” que les États-Unis soutenaient contre vents et marées. Se rendant compte que le sentiment d’antiaméricanisme dans le monde arabe est à un seuil inquiétant, le locataire de la Maison-Blanche adopte une autre tactique, qui ne se répercutera pas négativement sur son véritable allié dans la région, en l’occurrence Israël. Ce dernier n’a guère caché son inquiétude pour l’avenir de ses rapports avec l’Égypte en cas de départ de Hosni Moubarak, car connaissant bien l’aversion du peuple égyptien pour l’État hébreu. Ayant bien étudié les régimes arabes, leur opposition, ainsi que les probables conséquences d’un changement à la tête du pouvoir, les Américains préfèrent s’allier maintenant les peuples dans la perspective de concrétiser leur objectif du Grand Moyen-Orient (GMO), auquel ils n’ont jamais renoncé d’ailleurs. En d’autres termes, Washington, qui a compris que le statu quo n’était plus possible, change seulement de fusil d’épaule en optant pour d’autres partenaires, qui lui semblent moins encombrants.

 

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